Henri Désiré Landru est né le 12 avril 1869 à Paris et a été guillotiné le 25 février 1922 devant la prison de Versailles. Entre 1915 et 1919, la justice lui a attribué onze victimes. Aucun corps n’a jamais été retrouvé, et il n’a jamais avoué.
Ce qui s’est passé
Landru attire ses victimes par petites annonces matrimoniales, sous de fausses identités. Il les installe dans une villa isolée, à Vernouillet d’abord, puis à Gambais à partir de 1915. Les femmes disparaissent, et leurs biens passent entre ses mains.
Les onze victimes retenues par la justice sont Jeanne Cuchet, lingère de 39 ans, et son fils André, 17 ans, en février 1915 ; Thérèse Laborde-Line, 46 ans, en juin 1915 ; Marie-Angélique Guillin, 52 ans, en août 1915 ; Berthe-Anna Héon, 55 ans, en décembre 1915 ; Anna Collomb, 44 ans, en décembre 1916 ; Andrée-Anne Babelay, 19 ans, en avril 1917 ; Célestine Buisson, 46 ans, en septembre 1917 ; Louise-Joséphine Jaume, 38 ans, en novembre 1917 ; Anne-Marie Pascal, 37 ans, en avril 1918 ; et Marie-Thérèse Marchadier, 37 ans, en janvier 1919.
Le seul homme de la liste est un adolescent, le fils d’une des victimes, tué parce qu’il était là.
Comment il a été confondu
Ce ne sont pas les enquêteurs qui ouvrent l’affaire, ce sont les familles. Fin 1918, des proches de femmes disparues écrivent au maire de Gambais pour savoir ce qu’elles sont devenues. Deux lettres portent sur deux femmes différentes, mais elles décrivent le même homme et la même villa. Le rapprochement déclenche l’enquête, confiée à l’inspecteur Jules Belin.
Landru est arrêté le 12 avril 1919 à son domicile parisien, rue de Rochechouart. Sur lui, un carnet où il notait ses dépenses avec une précision de comptable, y compris les billets de train : un aller-retour pour lui, un aller simple pour la femme qui l’accompagnait.
Les fouilles de Gambais ne rendent pas de corps. Elles rendent des fragments : environ 4,2 kilogrammes d’ossements calcinés, 1,5 kilogramme de restes humains, 47 dents. L’hypothèse retenue est celle de la crémation dans la cuisinière de la villa.
Le procès et la peine
Le procès s’ouvre le 7 novembre 1921 devant la cour d’assises de Seine-et-Oise, à Versailles. Il dure trois semaines et devient un spectacle : la presse s’installe, le public se presse, et l’accusé répond avec une ironie qui déroute la cour.
Landru est condamné le 30 novembre 1921. Il est exécuté le 25 février 1922. Il n’a jamais reconnu les faits, jusqu’à la fin.
Ce qui reste sans réponse
L’absence de corps est la particularité de cette affaire, et elle a nourri les doutes pendant un siècle. La condamnation repose sur un faisceau : les disparitions concentrées autour d’un seul homme, les fausses identités, le carnet, les biens des victimes retrouvés en sa possession, les fragments d’os de la villa. Aucun élément ne montre à lui seul un meurtre.
Ce que le procès n’a pas établi, c’est le détail de chaque mort : ni le moment, ni la méthode, ni le lieu exact. Ces points sont restés hors de portée de l’instruction, et ils le sont toujours.