Violette Nozière, née le 11 janvier 1915 à Neuvy-sur-Loire et morte le 26 novembre 1966 au Petit-Quevilly, a empoisonné ses parents en août 1933. Son père en est mort. Condamnée à mort à 19 ans, elle a été graciée, libérée en 1945, puis réhabilitée par la justice en 1963.
Ce qui s’est passé en août 1933
Les 21, 22 et 23 août 1933, Violette Nozière administre à ses parents du Soménal, un barbiturique. Son père, Baptiste Nozière, meurt. Sa mère, Germaine, survit. Environ 3 000 francs disparaissent du domicile.
Elle a 18 ans. L’affaire éclate dans une France qui en fait immédiatement un fait divers national.
Sa défense, et ce que la cour en a fait
Violette Nozière accuse son père de l’avoir violée à partir de ses douze ans, à raison d’environ une fois par semaine pendant six ans, et présente le poison comme la seule issue qu’elle avait trouvée.
L’enquêteur qui l’interroge, le commissaire Marcel Guillaume, la juge sincère et plaide l’indulgence. Le jury, lui, rejette cette version et retient un tout autre mobile : un héritage de 165 000 francs.
Les éléments médicaux du dossier n’ont jamais tranché. Aucune preuve n’a établi les faits qu’elle dénonçait, et aucune ne les a écartés.
Le procès et la peine
Le procès s’ouvre le 10 octobre 1934. Le 12 octobre, elle est condamnée à mort pour parricide, sans circonstances atténuantes.
Sa peine est ensuite réduite trois fois. Le président Albert Lebrun la commue en travaux forcés à perpétuité le 24 décembre 1934. Le maréchal Pétain la ramène à douze ans le 6 août 1942. Elle est libérée le 29 août 1945, et le général de Gaulle lève son interdiction de séjour le 17 novembre 1945.
La réhabilitation de 1963
Le 13 mars 1963, la cour d’appel de Rouen prononce sa réhabilitation. La mesure est exceptionnelle dans l’histoire judiciaire française : elle ne dit pas que la condamnation était fausse, elle constate que la personne condamnée a fait ses preuves depuis et lui rend ses droits.
Violette Nozière meurt trois ans plus tard, en 1966, à 51 ans.
Ce qui reste discuté
L’accusation d’inceste n’a jamais été tranchée, et elle ne le sera pas. En octobre 1937, depuis la prison, Violette Nozière se rétracte dans une lettre largement publiée par la presse, ce qui complique encore la lecture du dossier plutôt que de la clarifier.
Le regard porté sur l’affaire, lui, a complètement changé. En 1934, la cour voit une jeune femme vénale. Les surréalistes, puis des intellectuels, puis une partie de l’Église prennent sa défense, et ces soutiens successifs pèsent sur les grâces qui suivent. Aujourd’hui, l’historiographie insiste surtout sur l’ambiguïté irréductible du dossier : les archives ne permettent ni d’établir les violences qu’elle dénonçait, ni de les écarter.