Affaire Petiot : le médecin de la rue Le Sueur

Marcel Petiot, né le 17 janvier 1897 à Auxerre, médecin installé à Paris, a été guillotiné le 25 mai 1946 à la prison de la Santé. Entre les murs d’un hôtel particulier du 16e arrondissement, il avait organisé sous l’Occupation un faux réseau d’évasion.

La découverte du 11 mars 1944

Une fumée épaisse et une odeur pestilentielle sortent d’un immeuble du 21 rue Le Sueur. Les pompiers entrent le 11 mars 1944 et découvrent dans le sous-sol des restes humains démembrés.

Petiot avait acquis l’immeuble le 11 août 1941. Son cabinet médical, lui, se trouvait ailleurs, rue de Caumartin. La rue Le Sueur ne servait à rien d’autre.

Le faux réseau d’évasion

Sous l’Occupation, Petiot fait savoir dans certains milieux qu’il peut faire passer des gens en Argentine. Les candidats sont des personnes traquées : des juifs, des résistants, des trafiquants, tous gens qui ne peuvent ni prévenir la police ni s’étonner publiquement d’une disparition.

C’est ce qui rend l’affaire possible : les victimes avaient organisé leur propre disparition avant d’arriver chez lui, et payé pour cela. Elles apportaient leurs biens, qu’on retrouvera ensuite.

Le procès et l’exécution

Le procès se tient du 18 mars au 4 avril 1946. Petiot y soutient que ses victimes étaient des collaborateurs et qu’il agissait pour la Résistance, une version que la cour rejette. Il revendique 63 meurtres. Les enquêteurs, eux, ont identifié les restes d’au moins 27 personnes rue Le Sueur.

Le décompte exact n’a jamais été établi et reste discuté : entre ce que la justice a pu documenter, ce que l’accusé a revendiqué et ce que les corps dissous permettaient encore de compter, les chiffres ne se recoupent pas.

Il est condamné à mort pour meurtres multiples avec vol et préméditation, et exécuté le 25 mai 1946 à 5 h 07.

Ce que l’affaire dit de son époque

L’affaire Petiot est indissociable de l’Occupation. Elle n’aurait pas été possible dans un pays où l’on peut signaler une disparition sans risque. Le procès s’ouvre en mars 1946, dans une France qui juge encore ses collaborateurs, et la défense de Petiot joue précisément sur cette confusion : se présenter en résistant au moment où le mot protège.

La cour n’a pas suivi. Mais le mélange des registres, le crime crapuleux et le récit patriotique, a durablement marqué la mémoire de cette affaire.

Questions fréquentes

Combien de victimes le docteur Petiot a-t-il faites ?
Le chiffre exact reste discuté. Les enquêteurs ont identifié les restes d'au moins 27 personnes rue Le Sueur, et Petiot lui-même en a revendiqué 63 pendant son procès. Les corps ayant été détruits, aucun décompte définitif n'a pu être établi.
Comment l'affaire Petiot a-t-elle été découverte ?
Par les pompiers. Le 11 mars 1944, appelés pour une fumée épaisse et une odeur pestilentielle au 21 rue Le Sueur, à Paris, ils découvrent des restes humains démembrés dans le sous-sol.
Quelle était la couverture de Petiot ?
Un faux réseau d'évasion vers l'Argentine, proposé sous l'Occupation à des personnes traquées, juifs, résistants ou trafiquants. Elles payaient et organisaient elles-mêmes leur disparition avant d'arriver chez lui, ce qui rendait toute alerte improbable.
Quand Petiot a-t-il été jugé et exécuté ?
Son procès s'est tenu du 18 mars au 4 avril 1946. Condamné à mort pour meurtres multiples avec vol et préméditation, il a été guillotiné à la prison de la Santé le 25 mai 1946.
Petiot était-il vraiment un résistant ?
Il l'a soutenu à son procès, affirmant que ses victimes étaient des collaborateurs. La cour a rejeté cette version et l'a condamné pour meurtres avec vol et préméditation.
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